DM1 : Théorème de Dilworth, Nombres de Catalan, Partitions entrelacées

Maths Discrètes : DM1

Énoncé

http://younesse.net/Maths-discretes/DM1/

Younesse Kaddar


EX 1

1.

Soit $F ⊆ E$ non vide.

  • $\max(F)$ est une antichaîne
    • car sinon, s’il y existait deux éléments distincts et comparables, le plus petit des deux ne serait pas un élément maximal.
  • $\max(F)$ est non vide
    • car sinon : pour tout $x_0 ∈ F$, il existe $x_1 ∈ F$ tel que :
      • $x_0 ≤ x_1$
      • $x_1 ≠ x_0$ Par un récurrence immédiate, on construit donc une suite strictement croissante (et donc injective) d’éléments à valeurs dans l’ensemble fini $F$ : absurde.

Donc $\max(F)$ est une antichaîne non vide de $E$.

2.

Pour $k=1$ : $E$ est une chaîne

  • car sinon : il existerait deux éléments $x∈E$ et $y∈E$ non comparables, et la paire $\lbrace x,y\rbrace$ (de cardinal 2) contredirait la maximalité de $k$.

3.

a)

$E = F∪{z}$, où $z$ est un élément maximal, donc

\begin{align*} l+1 &= \max(\{|G|\}_{G ⊆ F, G \text{ antichaîne}}) + 1 \\ &≥ \max(\{|G|\}_{G ⊆ F∪\{z\}, G \text{ antichaîne}}) \\ & \hspace{1em}\text{ (les antichaînes de $F∪\{z\}$ ont au plus 1 élément de plus que celles de $F$) }\\ &= k \\ &≥ \max(\{|G|\}_{G ⊆ F, G \text{ antichaîne}}) \hspace{2em} \text{ (car $F⊆F∪\{z\}$)}\\ &= l \end{align*}

Donc

l ≤ k ≤ l+1

b)

Comme toute partie d’une chaînes (resp. d’une antichaîne) reste une chaîne (resp. une antichaîne), ${\cal C}∩C_i$ est une chaîne et une antichaîne à la fois : elle ne contient qu’un élément ou aucun.

Donc \vert{\cal C}∩C_i\vert = 0 ∨ \vert{\cal C}∩C_i\vert = 1

c)

i)

Il existe une antichaîne ${\cal C}$ de E = \bigsqcup\limits_{1≤j≤l} C_j de cardinal $l$, et ${\cal C}$ intersecte chacun des $C_j$ en au plus un élément (par la question précédente) : donc

\vert C_i ∩ {\cal C} \vert = 1

(car sinon $\vert{\cal C}\vert < l$ )

et

$D_i$ est non vide.

ii)

Par l’absurde : s’il existait un $1≤i≠j≤l$ tel que

y_i ≼ y_j : alors comme il existe un élément $x_i∈C_i$ dans l’antichaîne de cardinal $l$ à laquelle appartient $y_j$ (cf. question précédente), et comme $x_i ≼ y_i ≼ y_j$ (par définition de $y_i$) : il vient que $x_i$ et $y_j$ sont comparables (par transitivité), ce qui est absurde.

iii)

Si $z$ n’est comparable avec aucun $y_i$ : alors

  • $k=l+1$
    • en effet : $l+1≥k$ et l’antichaîne $\lbrace y_1, ⋯, y_l, z \rbrace$ est de cardinal $l+1$.
  • et E = \bigsqcup\limits_{1≤i≤l} C_i \sqcup \{z\} est une décomposition de $E$ en union de $l+1$ chaînes disjointes
iv)

Comme

  • $z$ est comparable avec $y_i$
  • $z$ est un élément maximal de $E$,

alors $y_i ≼ z$, et C' ≝ \{z\} ∪ \{x∈C_i | x≼y_i\}

est bien une chaîne (par transitivité).

  1. Cas 1 : Si $C_i\backslash C’=∅$ : alors il ne peut exister d’antichaîne de cardinal $l$ dans F\backslash C' = \Big(\bigsqcup\limits_{j ∈ ⟦1, l⟧\backslash \{i\}} C_j\Big) \sqcup (C_i\backslash C') \\ = \Big(\bigsqcup\limits_{j ∈ ⟦1, l⟧\backslash \{i\}} C_j\Big) puisque toute antichaîne intersecte chacun des $C_j$ (pour $j∈⟦1,l⟧\backslash\lbrace i\rbrace$) en au plus 1 élément (comme vu précédemment).
  2. Cas 2 : sinon

    Par l’absurde : s’il existait une antichaîne de cardinal $l$ dans

    F\backslash C' = \Big(\bigsqcup\limits_{j ∈ ⟦1, l⟧\backslash \{i\}} C_j\Big) \sqcup (C_i\backslash C')

    alors elle intersecterait $C_i\backslash C’$ en au moins un élément $x_i∈C_i\backslash C’$, ce qui contredirait la maximalité de $y_i$.

    • en effet : $x_i$ et $y_i$ seraient alors comparables, et $x_i ∈ C_i\backslash C’ ⟺ x_i \not≼ y_i ⟺ (y_i ≼ x_i ∧ x_i ≠ y_i)$

Il vient alors que :

  • $k=l$
    • car le cardinal d’une antichaîne de $F\backslash C’$ est majoré par $l-1$, donc, comme $C’$ est une chaîne : le cardinal d’une antichaîne de $E = (F\backslash C’) ∪ C’$ est majoré par $l$, et $\lbrace y_1, ⋯, y_l \rbrace$ en est une.
  • Comme $l-1$ est le cardinal maximal d’une antichaîne de $F\backslash C’$ (puisque $\lbrace y_1, ⋯, y_l \rbrace \backslash \lbrace y_i \rbrace$ en est une) : par hypothèse de récurrence (forte) appliquée à $F\backslash C’$ : $F\backslash C’$ s’écrit comme une union de $l-1$ chaînes chaînes disjointes. Donc $E = F\backslash C’ \sqcup C’$ s’écrit comme union de $l$ chaînes disjointes.

4.

a).

On vérifie aisément que cette relation est réflexive, transitive, et antisymétrique : c’est donc une relation d’ordre.

Elle n’est pas totale car si $x_1 > x_2$ (pour l’ordre classique de ℕ), alors $x_1$ et $x_2$ sont incomparables.

  • Les chaînes sont les images de suites (indexées par un sous-ensemble de $⟦1,N⟧$) croissantes pour l’ordre de ${\cal F}$, i.e les ensembles de la forme $\lbrace n_{i_1}, ⋯, n_{i_j} \rbrace$, où :

    n_{i_1} ≼ n_{i_2} ⋯ ≼ n_{i_j}
  • Les antichaînes sont les images de suites (indexées par un sous-ensemble de $⟦1,N⟧$) strictement décroissantes pour l’ordre de $ℕ$, i.e les ensembles de la forme $\lbrace n_{i_1}, ⋯, n_{i_j} \rbrace$, où :

    \begin{cases} i_1 < i_2 < ⋯ < i_j \\ n_{i_1} > n_{i_2} ⋯ > n_{i_j} \end{cases}

b).

Deux choses l’une :

  • Cas 1 : Soit ${\cal F}$ contient une antichaîne de cardinal supérieur (au sens large) à $m+1$.

    Alors elle est l’image d’une d’une suite (indexée par un sous-ensemble de $⟦1,N⟧$) strictement décroissante pour l’ordre de $ℕ$ (cf. question précédente).

  • Cas 1 : Sinon : en notant $k ≤ m$ le maximum des cardinaux des antichaînes dans $({\cal F}, ≼)$, par le théorème démontré précédemment : ${\cal F}$ est la réunion de $k≤m$ chaînes $C_1, ⋯, C_k$ disjointes.

    Enfin, il existe un indice $i∈⟦1,k⟧$ tel que \vert C_i \vert ≥ \left\lceil \frac{nm + 1}{m} \right\rceil = n+1

    • en effet : car sinon :

      ∀j∈⟦1,k⟧, \vert C_j \vert < \left\lceil \frac{nm + 1}{m} \right\rceil

      et

      \begin{align*} N = \vert {\cal F} \vert &= \Bigg\vert \bigsqcup\limits_{j=1}^k C_j \Bigg\vert \\ &≤ \sum\limits_{j=1}^k \left( \left\lceil n + \frac{1}{m} \right\rceil - 1 \right) \\ &= k \left\lceil n + \frac{1}{m} \right\rceil - k \\ &= k \left( n + \left\lceil \frac{1}{m} \right\rceil \right) - k \\ &= k (n + 1) - k \\ &≤ mn = N-1 \end{align*}

    On conclut en remarquant que $C_i$ est image d’une suite croissante (indexée par un sous-ensemble de $⟦1,N⟧$).

Dans tous les cas :

${\cal F}$ contient une suite croissante de cardinal $n+1$ ou une suite décroissante (pour l’ordre de $ℕ$) de cardinal $m+1$.

c).

Par l’absurde : Si ${\cal F}$ ne contenait ni suite croissante de cardinal $n+1$, ni suite décroissante (pour l’ordre de $ℕ$) de cardinal $m+1$.

En notant, pour tout $i∈⟦1,N⟧$, $c_i$ (resp. $d_i$) le cardinal de la plus grande sous-famille croissante (resp. décroissante, pour l’ordre de $ℕ$) qui débute en $n_i$, il vient alors que :

$∀ i ∈ ⟦1,n^2+1⟧$,

\begin{cases} 1 \leq c_i \leq n \\ 1 \leq d_i \leq m \end{cases}

Or : $N=nm+1 > \vert ⟦1,n⟧\times ⟦1,m⟧ \vert$.

Donc, par le principe des tiroirs : il existe $i \neq j ∈ ⟦1,N⟧$ tels que :

(c_i, d_i) = (c_j, d_j)
  • Cas 1 : Si $n_i \leq n_j$ :

    En notant

    (n_j, n'_2, ⋯, n'_{c_j})

    une suite croissante de cardinal $c_j$ débutant en $n_j$, la suite

    (n_i, n_j, n'_2, ⋯, n'_{c_j})

    est croissante, de cardinal $c_j +1 = c_i + 1$, et débute en $n_i$, ce qui contredit la maximalité de $c_i$.

  • Cas 2 : Si $n_i > n_j$ :

    En notant

    (n_j, n'_2, ⋯, n'_{d_j})

    une suite décroissante de cardinal $d_j$ débutant en $n_j$, la suite

    (n_i, n_j, n'_2, ⋯, n'_{d_j})

    est décroissante, de cardinal $d_j +1 = d_i + 1$, et débute en $n_i$, ce qui contredit la maximalité de $d_i$.

Dans tous les cas, on obtient une contradiction, donc

${\cal F}$ contient une suite croissante de cardinal $n+1$ ou une suite décroissante (pour l’ordre de $ℕ$) de cardinal $m+1$.

5.

On procède de manière analogue à 4.b), en munissant ${\cal I}$ de la relation binaire antisymétrique et réflexive :

[x_i, y_i] ≼ [x_j, y_j] ⟺ y_i < x_j

NB :

  • Avec la convention que : pour tout intervalle $I$, $∅ ≼ I$
  • On remarque que le théorème démontré en 2. et 3. n’utilise pas la réflexivité de la relation d’ordre, à condition de poser, en 3.c)iv) :
C' = \{z\}∪\{x ∈ C_i \vert x ≤ y_i\}∪\{y_i\}

On peut donc l’appliquer avec cette relation binaire transitive et antisymétrique $≼$.

Pour cette relation :

  • les chaînes sont les ensembles d’intervalles disjoints deux à deux.
  • deux intervalles sont incomparables si, et seulement si ils s’“enchevêtrent” ($(x_j ≤ y_i) ∧ (x_i ≤ y_j)$), i.e : ils sont non disjoints.

    Les antichaînes sont donc les ensembles d’intervalles non disjoints deux à deux, c’est-à-dire les ensembles d’intervalles d’intersection non vide.

Deux choses l’une :

  • Cas 1 : Soit ${\cal I}$ contient une antichaîne de cardinal supérieur (au sens large) à $n+1$.

    Alors le résultat est acquis.

  • Cas 1 : Sinon : en notant $k ≤ n$ le maximum des cardinaux des antichaînes dans $({\cal I}, ≼)$, par le théorème démontré précédemment : ${\cal I}$ est la réunion de $k≤n$ chaînes $C_1, ⋯, C_k$ disjointes.

    De même qu’en 4.b), il existe un indice $i∈⟦1,k⟧$ tel que \vert C_i \vert ≥ \left\lceil \frac{nm + 1}{n} \right\rceil = m+1

    Ce qui prouve l’existence de $m+1$ intervalles disjoints deux à deux.

Dans tous les cas :

Il existe $m+ 1$ intervalles dans ${\cal I}$ disjoints deux à deux ou $n + 1$ intervalles dans ${\cal I}$ d’intersection non vide.

EX 2

1.

a).

Soit $(p, q) ∈ ℕ^\ast\times ℕ^\ast$.

\begin{align*} \{ \text{chemins allant de $(0,0)$ à $(p,q)$}\} \\ &\hspace{-7em}=\{ \text{chemins allant de $(0,0)$ à $(p-1,q)$, suivis d'un pas à droite} \} \\ &\hspace{-6.8em}\sqcup \{ \text{chemins allant de $(0,0)$ à $(p,q-1)$, suivis d'un pas en haut} \} \\ \end{align*}

Donc

\begin{align*} N_{p,q} &= \big\vert \{ \text{chemins allant de $(0,0)$ à $(p-1,q)$, suivis d'un pas à droite} \} \big\vert \\ &+ \big\vert \{ \text{chemins allant de $(0,0)$ à $(p,q-1)$, suivis d'un pas en haut} \} \big\vert \\ &= \big\vert \{ \text{chemins allant de $(0,0)$ à $(p-1,q)$} \} \big\vert \\ &+ \big\vert \{ \text{chemins allant de $(0,0)$ à $(p,q-1)$} \} \big\vert \\ &= N_{p−1,q} + N_{p,q−1} \end{align*}

$∀p, q ≥1, N_{p,q} = N_{p−1,q} + N_{p,q−1}$

Donc en posant $∀p, q ∈ℕ, u_{p,p+q} = N_{p,q}$

  • $∀q∈ℕ, u_{0, q} = 1$
  • $∀p∈ℕ, u_{p, p} = 1$
  • la suite $u$ vérifie la formule de Pascal

Donc $∀p ≤ q ∈ℕ, u_{p,q} = \binom{q}{p}$, et :

∀p, q ∈ℕ, N_{p,q} = \binom{p+q}{p}

b).

Pour tous $k,n ∈ℕ^\ast$ tels que $k≤n$ : $\binom{n}{k} = N_{k, n-k}$ est le nombre de chemins allant de $(0,0)$ à $(k, n-k)$

  • en effet : la donnée d’un de ces chemins correspond à la donnée des $k$ pas à droite (les $n-k$ autres étant les pas vers le haut) parmi les $n$ pas d’une suite de $\lbrace pas_droite, pas_haut\rbrace^{⟦1,n⟧}$)

Donc en utilisant la relation (obtenue par des arguments combinatoires) : ∀p, q ≥1, N_{p,q} = N_{p−1,q} + N_{p,q−1} la démonstration du triangle de Pascal s’ensuit.

c).

i).

Les valeurs prises par $𝛥$ sont contenues dans $⟦0,n⟧$ :

$𝛥$ est évidemment à valeurs positives, et le nombre de pas vers le haut, pour tout chemin $c$ de $(0,0)$ vers $(n,n)$ (n’utilisant que des des pas à droite et vers le haut) est borné par $n$.

  • en effet: tout chemin contenant strictement plus de $n$ pas vers le haut est condamné à avoir une ordonnée finale strictement supérieure à $n$ (d’un pas à l’autre, l’ordonnée ne fait que croître).

$𝛥$ prend les valeurs $0, 1, ⋯, n$ :

On utilise les notations introduites en 1. c) iii).

Pour tout $i∈⟦0,n⟧$, en notant $c_i$ le chemin

\underbrace{\uparrow ⋯ \uparrow}_{i \text{ fois}} \, \underbrace{→ ⋯ →}_{n \text{ fois}} \, \underbrace{\uparrow ⋯ \uparrow}_{n-i \text{ fois}}

on voit aisément que $𝛥(c_i) = i$

ii).

Les chemins $c$ tels que $𝛥(c)=0$ sont les chemins tels qu’aucun pas vers le haut n’est fait au-dessus de la diagonale, soit

les chemins restant toujours sous (au sens large) la diagonale.

Les chemins $c$ tels que $𝛥(c)=n$ sont les chemins tels que chacun des $n$ pas vers le haut est fait au-dessus de la diagonale, soit

les chemins restant toujours au-dessus (au sens large) la diagonale.

De plus : l’application qui à un chemin sous la diagonale associe son symétrique par rapport la diagonale est une bijection entre les ensembles $\lbrace c, 𝛥(c)=0 \rbrace$ et $\lbrace c, 𝛥(c)=n \rbrace$, donc :

$\vert \lbrace c, 𝛥(c)=0 \rbrace \vert = \vert \lbrace c, 𝛥(c)=n \rbrace \vert$

iii).

Schéma

Notations et remarques préliminaires :

  • Pour tout $i∈⟦0,n⟧$, on pose

    D_i ≝ \{ c, 𝛥(c) = i \}
  • Pour tout chemin $c’$, on note :

    • $nb_{haut}(c’)$ le nombre de pas vers le haut de $c’$
    • $nb_{droite}(c’)$ le nombre de pas à droite de $c’$
  • Les positions relatives (sous / au-dessus) sont toujours entendues au sens large.
  • On pose $𝜑 ≝ c\mapsto \widetilde{c}$

Soit $i∈⟦1,n-1⟧$.

Montrons que $𝜑_{\vert D_i}$ est à valeurs dans $D_{i-1}$ :

Avec les notations de l’énoncé : soit

c=A\uparrow B→C \overset{\text{noté}}{=} A\uparrow_c B→_c C ∈ D_i

Alors

\widetilde{c} ≝ B→A\uparrow C \overset{\text{noté}}{=} B→_\widetilde{c} A\uparrow_\widetilde{c} C

Par définition des pas $\uparrow$ et $→$ explicités dans la factorisation précédente de $c$ (qu’on a notés respectivement $\uparrow_c$ et $→_c$):

𝛥(c) = 𝛥(A\uparrow_c B→_c) + 𝛥(C) \\ = 1 + 𝛥(B) + 𝛥(C)

De plus, comme $\uparrow_c$ est le premier pas vers le haut au-dessus de la diagonale, et $→_c$ est le premier pas suivant rejoignant la diagonale, il vient que

$B$ reste au-dessus de la droite d’équation $y=x+1$ dans $c$ $(⊛)$

Donc, par translation de $-nb_{droite}(A)$ selon les abscisses, $-(nb_{haut}(A)+1)$ selon les ordonnées :

$B$ reste au-dessus la diagonale dans $\widetilde{c}$ $(⊛⊛)$

et

$→_\widetilde{c}$ est le premier pas rejoignant la droite d’équation $y=x-1$. $(\star)$

Comme $A$ restait sous la diagonale dans $c$,

$A$ reste sous la droite $y=x-1$ dans $\widetilde{c}$ $(⊛⊛⊛)$

et

$\uparrow_\widetilde{c}$ est le premier pas rejoignant ultérieurement la diagonale. $(\star \star)$

Enfin, comme les chemins $A\uparrow B→$ et $B→A\uparrow$ ont des $nb_{haut}$ et $nb_{droite}$ identiques,

le chemin $C$ est inchangé dans $c$ et $\widetilde{c}$. $(⊛⊛⊛⊛)$

D’après ce qui précède, dans le préfixe $A\uparrow_\widetilde{c} B→_\widetilde{c}$ de $\widetilde{c}$ : le préfixe $B$ est le seul chemin au-dessus de la diagonale.

Donc

𝛥(\widetilde{c}) = 𝛥(A\uparrow_\widetilde{c} B→_\widetilde{c}) + 𝛥(C) \\ = 𝛥(B) + 𝛥(C)

et

\widetilde{c} ∈ D_{i-1}

Montrons que $𝜑_{\vert D_i} : D_i ⟶ D_{i-1}$ est bijective :

On construit la bijection réciproque : $𝜓_{\vert D_{i-1}} : D_{i-1} ⟶ D_i$, en restreignant à $D_{i-1}$ l’application $𝜓$ définie de la manière suivante :

À tout chemin $c$ traversant non trivialement la diagonale se factorisant sous la forme :

B → A ↑ C

  • $→$ est le premier pas rejoignant la droite d’équation $y=x-1$
  • $↑$ le premier pas suivant rejoignant la diagonale.

on associe le chemin $𝜓(c)$ décrit par le mot :

A ↑ B → C

D’après les propriétés $(⊛), (⊛⊛), (⊛⊛⊛), (⊛⊛⊛⊛)$, et $(\star)$, $(\star \star)$ :

𝜑_{\vert D_i} \circ 𝜓_{\vert D_{i-1}} = id_{\vert D_{i-1}}

Réciproquement :

Soit

c ≝ B→A\uparrow C \overset{\text{noté}}{=} B→A\uparrow C ∈ D_{i-1}

Alors

𝜓(c)=A\uparrow B→C \overset{\text{noté}}{=} A\uparrow_{𝜓(c)} B→_{𝜓(c)} C

Comme $→_c$ est le premier pas à droite sous la diagonale, et $\uparrow_c$ est le premier pas suivant rejoignant la diagonale, il vient que

$A$ reste sous la droite d’équation $y=x-1$ dans $c$.

Donc, par translation de $-(nb_{droite}(B)+1)$ selon les abscisses, $-nb_{haut}(B)$ selon les ordonnées :

$A$ reste sous la diagonale dans $𝜓(c)$

et

$\uparrow_{𝜓(c)}$ est le premier pas vers le haut au-dessus de la diagonale.

Comme $B$ restait au-dessus de la diagonale dans $c$,

$B$ reste au-dessus de la droite $y=x+1$ dans $𝜓(c)$

et

$→_{𝜓(c)}$ est le premier pas rejoignant ultérieurement la diagonale.

Enfin, comme les chemins $B→A\uparrow$ et $A\uparrow B→$ ont des $nb_{haut}$ et $nb_{droite}$ identiques,

le chemin $C$ est inchangé dans $c$ et $𝜓(c)$.

Donc

𝜓_{\vert D_{i-1}} \circ 𝜑_{\vert D_i} = id_{\vert D_i}

et

$𝜑_{\vert D_i} : D_i ⟶ D_{i-1}$ est bien bijective.

En particulier :

∀i∈⟦1,n-1⟧, \vert D_i \vert = \vert D_{i-1} \vert

iv)

c_n = \begin{cases} \vert \{ c , 𝛥(c) = 0 \} \vert = \vert \{ c , 𝛥(c) = n \} \vert \hspace{2em}\text{ (par 1.c)ii) ) } \\ \begin{align*} \vert \{ c , 𝛥(c) = 0 \} \vert &= \vert \{ c , 𝛥(c) = 2 \} \vert \\ &= \vert \{ c , 𝛥(c) = 3 \} \vert \\ &= ⋯ \\ &= \vert \{ c , 𝛥(c) = n-1 \} \\ &= \vert \{ c , 𝛥(c) = n \} \vert \hspace{2em}\text{ (par 1.c)iii) )} \end{align*} \end{cases}

Donc, avec

\{\text{chemins allant de $(0,0)$ à $(n,n)$}\} = \bigsqcup\limits_{i=0}^n \{ c , 𝛥(c) = i \}

il vient que :

\begin{align*} \binom{2n}{n} & = N_{n,n} \\ &= \vert\{\text{chemins allant de $(0,0)$ à $(n,n)$}\} \vert \\ &= \sum\limits_{i=0}^n \vert \{ c , 𝛥(c) = i \} \vert \\ &= \sum\limits_{i=0}^n c_n \\ &= (n+1)c_n \end{align*}

Et enfin

c_n = \dfrac{\binom{2n}{n}}{n+1}

2.

a).

Toute partition de $⟦1,n⟧$ est une partie de l’ensemble des parties de $⟦1,n⟧$, donc

Part_n ≤ 2^{2^n}

b).

On vérifie qu’elle est :

  • réflexive
    • avec $𝜑 = id$
  • antisymétrique
    • Si ${I_1, …, I_k} ≼ {J_1, …, J_l} ∧ {J_1, …, J_l} ≼ {I_1, …, I_k}$ et s’il existe des surjections $𝜑_1$ et $𝜑_2$ telles que

      \begin{cases} ⟦1,k⟧ \overset{𝜑_1}{\twoheadrightarrow} ⟦1,l⟧ \\ ⟦1,l⟧ \overset{𝜑_2}{\twoheadrightarrow} ⟦1,k⟧ \\ \end{cases}

      alors

      \begin{cases} k≥l \\ l≥k \\ \end{cases}

      d’où $l=k$ et les surjections sont des bijections, donc

      ∀t ∈ ⟦1,l⟧, J_t = \bigsqcup\limits_{s∈𝜑_1^{−1}(t)} I_s

      implique que les partitions sont égales.

  • transitive
    • en composant les applications surjectives fournies.

c).

Part_4

d).

$Part_n$ est bien un treillis : pour toute paire de partitions $\lbrace 𝜋_1, 𝜋_2 \rbrace$

  • on pose \inf(𝜋_1, 𝜋_2) ≝ \{P_1 ∩ P_2\}_{(P_1, P_2) ∈ 𝜋_1 \times 𝜋_2, P_1 ∩ P_2≠∅}
    • on vérifie que cette partition, plus fine que $𝜋_1$ et $𝜋_2$, est bien la borne inférieure de la paire :
      • elle minore clairement $𝜋_1$ et $𝜋_2$
      • pour toute partition $𝜋’$ plus fine que $𝜋_1$ et $𝜋_2$ : \begin{align*} &\hspace{1em}∀P'∈𝜋', ∃ (P_1, P_2) ∈ 𝜋_1 \times 𝜋_2; P'⊆P_1 ∧ P'⊆P_2 \\ ⟺&\hspace{1em} ∀P'∈𝜋', ∃ (P_1, P_2) ∈ 𝜋_1 \times 𝜋_2 \backslash\{(∅, ∅)\}; P'⊆P_1 ∧ P'⊆P_2 \\ ⟹&\hspace{1em} ∀P'∈𝜋', ∃ P_{inf} ∈ \inf(𝜋_1, 𝜋_2); P'⊆P_{inf} \\ ⟹&\hspace{1em} 𝜋' ≼ \inf(𝜋_1, 𝜋_2) \end{align*}
  • on pose
\begin{align*} \sup(𝜋_1, 𝜋_2) ≝ \Bigg\{\bigcup\limits_{i=1}^k P_i \hspace{0.3em} \Bigg\vert \hspace{0.8em}& \bigwedge_{i=1}^{k-1} \Big( P_i ∩ P_{i+1}≠∅ \Big) \\ ∧& \Bigg(∀P ∈ (𝜋_1 ∪ 𝜋_2) \backslash \{P_1,\ldots, P_k\}, P ∩ \bigcup\limits_{i=1}^k P_i = ∅\Bigg) \Bigg\}_{P_i ∈ 𝜋_1 ∪ 𝜋_2} \end{align*}
  • on vérifie que cette partition, moins fine que $𝜋_1$ et $𝜋_2$, est bien la borne supérieure de la paire :
    • elle majore clairement $𝜋_1$ et $𝜋_2$
    • pour toute partition $𝜋’$ moins fine que $𝜋_1$ et $𝜋_2$ : \begin{align*} &\hspace{1em}∀ P_1, ⋯ , P_k ∈ 𝜋_1 ∪ 𝜋_2, \hspace{0.8em} \bigwedge_{i=1}^{k-1} \Big( P_i ∩ P_{i+1}≠∅ \Big) ⟹ ∃P'∈𝜋'; \hspace{0.8em} \bigcup\limits_{i=1}^k P_i ⊆ P' \\ &\hspace{5em}\text{(des parties non disjointes sont incluses dans le même bloc)}\\ ⟹&\hspace{1em}∀ P_1, ⋯ , P_k ∈ 𝜋_1 ∪ 𝜋_2, \\ \hspace{0.8em}& \bigwedge_{i=1}^{k-1} \Big( P_i ∩ P_{i+1}≠∅ \Big) \\ &∧ \Bigg(∀P ∈ (𝜋_1 ∪ 𝜋_2) \backslash \{P_1, ⋯, P_k\}, P ∩ \bigcup\limits_{i=1}^k P_i = ∅\Bigg) ⟹ ∃P'∈𝜋'; \hspace{0.3em} \bigcup\limits_{i=1}^k P_i ⊆ P'\\ ⟹&\hspace{1em} ∀P_{sup} ∈ \sup(𝜋_1, 𝜋_2), ∃P'∈𝜋'; P_{sup} ⊆ P' \\ ⟹&\hspace{1em} \sup(𝜋_1, 𝜋_2) ≼ 𝜋' \end{align*}

3.

a).

NEPart_4

b).

$NEPart_n$ est reste un treillis : pour toute paire de partitions $\lbrace 𝜋_1, 𝜋_2 \rbrace$, on vérifie aisément que les partitions $\inf(𝜋_1, 𝜋_2)$ et $\sup(𝜋_1, 𝜋_2)$ définies précédemment restent non entrelacées si tant est que $𝜋_1$ et $𝜋_2$ l’étaient.

c).

À toute partition $\lbrace I_1, ⋯, I_k \rbrace$ de $NEPart_n$ telle que :

∀s∈⟦1,k-1⟧, ∀t∈⟦s+1, k⟧, ∀i∈I_s, ∀j∈I_t, \hspace{0.8em} i<j

on peut associer de manière biunivoque la partie de $⟦1,n-1⟧$ :

\{i ∈⟦1,n-1⟧ \, \vert \hspace{0.6em} ∃ s∈⟦1,k-1⟧, i = \max(I_s)\}

Donc

\vert NEPart_n \vert = 2^{n-1}

Mais j’ai l’impression qu’en modifiant la définition de $NEPart_n$, on peut avoir

\vert NEPart_n \vert = c_n

Il suffirait qu’on note $NEPart_n$ l’ensemble des partitions $\lbrace I_1, ⋯, I_k \rbrace$ de $⟦1,n⟧$ telles que :

∀s ≠ t ∈ ⟦1,k⟧, \\ ∀i ∈ I_s, (∀j ∈ I_t, i < j) ∨ (∀j ∈ I_t, i > j) \\ ∨ \Big( ∀i ∈ I_t, (∀j ∈ I_s, i < j) ∨ (∀j ∈ I_s, i > j) \Big)

On aurait le diagramme de Hasse suivant pour $NEPart_4$ :

Nouveau NEPart_4

De plus, $\vert NEPart_n \vert$ vérifierait :

  • $\vert NEPart_0 \vert = 1, \vert NEPart_1 \vert= 1, \vert NEPart_2 \vert = 2$
  • ∀n∈ℕ, \vert NEPart_{n+1} \vert = \sum\limits_{i=1}^{n+1} \vert NEPart_{i-1} \vert × \vert NEPart_{n+1-i} \vert
    • En effet : Pour toute partition $P$ de $⟦1,n+1⟧$, en notant $i$ le maximum du bloc contenant $1$ :
      • Comme $i$ et $1$ sont dans le même bloc : $P$ est la réunion

        • d’une partition non entrelacée de $⟦i+1, n+1⟧$ (il y a $\vert NEPart_{n+1-i} \vert$ possibilités)
        • et d’une partition non entrelacée de $⟦1,i-1⟧$, dont on a uni le bloc contenant $1$ au singleton $\lbrace i \rbrace$ (il y a $\vert NEPart_{i-1} \vert$ possibilités).

Or, ces conditions initiales et cette relation de récurrence déterminent de manière unique la suite $(\vert NEPart_n \vert)_{n∈ℕ}$

Et :

  • Méthode 1 : en utilisant les séries formelles, comme on l’a fait en TD1, on peut montrer que :

    \vert NEPart_n \vert = \dfrac{\binom{2n}{n}}{n+1} \overset{\text{donc}}{=} c_n
  • Méthode 2 : On remarque que $c_n$, qui est le nombre de chemins allant de $(0,0)$ à $(n,n)$ en restant sous la diagonale, vérifie aussi ces conditions initiales et cette relation de récurrence :

    • en effet : tout chemin $c$ allant de $(0,0)$ à $(n+1, n+1)$ restant sous la diagonale se factorise de manière unique sous la forme : c = → c' \uparrow c''

      • $\uparrow$ est le premier pas suivant rejoignant la diagonale
      • il existe $i∈⟦0,n⟧$ tel que le sous-chemin $c’$ (resp. $c’’$) est un chemin allant de $(1,0)$ à $(i+1,i)$ (resp. de $(i+1,i+1)$ à $(n+1,n+1)$) en restant sous la droite d’équation $y=x-1$ (resp. la diagonale) : il y a $c_{i}$ (resp. $c_{n-i}$) tels sous-chemins.

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